La question de l’isolement des communautés sera traitée par Benoit Descary. Il a prononcé la conférence de clôture de l’Université d’été sur la francophonie des Amériques à Edmonton en Alberta le 15 juin et j’y ai contribué par un témoignage sur le sujet.
J’ai été, en quelque sorte, un exemple concret de ces barrières qui tombent en participant, à distance via Google Hangout, à cette conférence. D’ailleurs, si ce n’était pas des médias sociaux, je n’aurais fort probablement jamais connu Benoit Descary… et bon nombre de personnes qui composent aujourd’hui ma communauté d’affaires.
Bâtir une communauté forte sur les médias sociaux
D’abord, qu’est-ce qu’une communauté? J’ai bien aimé la description dans ce billet. Un réseau est basé sur la notion de partage et de centres d’intérêts communs. C’est un groupe de personnes qui communiquent, sont généreuses et impliquées.
En lisant cette définition, vous comprenez que nos communautés FORTES ne sont pas nécessairement composées de milliers de personnes, sans toutefois exclure cette possibilité. Il arrive que les médias sociaux permettent le développement d’une communauté forte et nombreuse qui s’allie le temps de répondre à un besoin.
La communauté est souvent éphémère. Elle se dissout d’elle-même, ou perd des membres, sans heurt, quand les centres d’intérêts évoluent sur des chemins différents.
Une communauté peut permettre de développer des amitiés, mais ce n’est pas son but premier. La communauté permet de regrouper des gens ayant des intérêts communs, point. Le reste dépendra des individus à l’intérieur de la communauté et de comment ils entretiendront ces contacts.
En quoi est-ce que les médias sociaux rapprochent les communautés?
Les médias sociaux facilitent les échanges entre les individus. En donnant accès à un très large bassin de personnes qui, potentiellement, peuvent partager les mêmes intérêts, il devient beaucoup plus probable de trouver des personnes avec qui bâtir une communauté.
Ça ouvre nos horizons et élargit les possibilités de créer un bon maillage. Notre communauté n’est plus limitée à se développer dans notre village, notre quartier ou notre région.
Elles m’ont permis de développer des relations de valeur et de me mettre en lien avec des personnes que je n’aurais pas côtoyées autrement. Simplement parce que, partageant les mêmes intérêts, ces personnes finissent par savoir quelles autres personnes pourraient partager des intérêts avec nous et nous mettre en lien.
Avoir des communautés, c’est faire du réseautage bonifié.
J’ai un réseau d’affaires, mais j’ai aussi une communauté d’affaires. Pour moi, il y a une nuance.
Le réseau d’affaires est composé de mes clients, fournisseurs et membres des réseaux auxquels je participe comme la chambre de commerce ou contacts dans mes différents réseaux sociaux.
Ma communauté d’affaires est celle qui partage mes intérêts, contribue à mon développement et prend plaisir à partager avec moi. Et vice et versa.
L’humain, au coeur des affaires, a toujours été présent, mais on sent qu’il prend de l’importance. On choisit de faire affaires avec une entreprise bien souvent à cause de la personne derrière celle-ci.
Si ce sont des raisons mercantiles qui ont guidé nos choix, la relation d’affaires durera à long terme si la relation humaine derrière la transaction est satisfaisante.
Je crois que, si on est en affaires et qu’on vise à sortir de son réseau habituel, pour prendre de l’expansion, faire de l’exportation ou augmenter son chiffre d’affaires, on a tout intérêt à utiliser les médias sociaux. C’est un accélérateur au développement lorsque c’est bien utilisé.
J’en conviens, c’est tout un défi à réaliser d’utiliser ces outils sans y perdre un temps précieux. Ça prend de la méthode, mais quand on s’ouvre au monde, on ne sait pas jusqu’où ça peut mener!
Vous comprendrez qu’une même personne peut faire partie de plusieurs de mes communautés en même temps. C’est ce qui permet la synergie entre les communautés.
Êtes-vous d’accord avec cette opinion? La discussion s’est amorcé cette semaine sur Facebook, j’aimerais la poursuivre ici! C’est un sujet qui peut se traiter sous tellement d’angles. La discussion est ouverte!
MISE À JOUR
À la suggestion de Luc Gendron dans les commentaires ci-bas, je copie ici la conversation qui avait débuté sur Facebook. Je l’avais mise en lien dans le paragraphe précédent, mais il est vrai que, Facebook ne nous appartenant pas, qui sait ce qui arrivera de cette intéressante conversation dans le futur!
Cindy Rivard - Une question pour vous : les médias sociaux peuvent-ils aider à briser l’isolement entre les communautés? J’aimerais vos expériences et opinions à ce sujet. Ceux qui me connaissent bien connaissent, sans aucun doute, déjà mon opinion là-dessus
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Cindy Rivard Je suis absolument d’accord avec toi pour les individus. Pour les communautés c’est une toute autre histoire! C’est drôle que ce soit toi qui répond en premier parce que si je pose cette question aujourd’hui, c’est parce qu’il y a 4 ans, tu m’as contacté personnellement sur Twitter et que nous avons développé une relation de valeur. Nos communautés sont maintenant en relation. Tu comprendras en lisant mon billet sur le sujet dans quelques jours, mais tout part de là alors c’est de « ta faute »
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Micheline Bourque Salut Cindy, je ne sais pas si ce vidéo t’aidera dans ta réflexion, mais, c’est exactement le sujet du livre de Sherry Turkle qui s’intitule Alone Together. Elle postule que la technologie a l’effet pervers parfois de nous mener vers des endroits où il ne faut pas aller: être ensemble mais pas ensemble… Dis moi ce que tu en penses. J’ai hâte de lire le livre. Le temps me manque. http://www.ted.com/talks/sherry_turkle_alone_together.html12 juin, à 12:01
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Cindy Rivard Excellente vidéo que j’avais déjà écouté avec attention. Je l’ai ré-écouté pour alimenter ma réflexion. Je suis d’accord avec ce qu’elle dit, mais elle parle de relations PERSONNELLES entre 2 individus. Une communauté suppose plusieurs individus et ne répond pas à un besoin de vraie amitié ou d’amour. En ce sens, elle a totalement raison. La suite sur mon blogue, vendredi12 juin, à 12:24
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Micheline Bourque Très personnellement, je fais partie de plusieurs communautés. Je constate avec le temps que par la force des choses, il y a des liens qui se forment entre une et l’autre des communautés. Parfois de ma propre initiative, parfois parce que la communauté propose quelque chose (ex. événement) que je trouve important de partage avec mes autres communautés. Dans ce sens là, je serai d’avis que cela peut briser une forme d’isolement. J’aimerais davantage voir la problématique sous l’angle des synergies entre collectivités. J’espère que je suis plus claire!
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Luc Gendron Qu’il s’agisse de communautés, de réseaux ou de groupes (physiques ou virtuelles), il ne peut y avoir de synergie que lorsque les leaders sont curieux et à l’écoute des autres (groupes, réseaux ou communautés); non à faire de la simple auto-promotion. Si le chef d’une tribu crie au sommet d’une montagne et qu’il est entendu par les leaders de la tribu voisine sans que ces derniers ne répondent, a-t-il brisé son isolement?
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Cindy Rivard Pas la même, mais en même temps, selon les individus, elle peut être tout de même authentique Sylvain. Il faut savoir écouter sur les médias sociaux pour bâtir des communautés. Si on ne fait que parler seul et que personne n’écoute ou que l’on n’écoute personne, rien ne se bâtira.12 juin, à 12:50
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Sylvain Dionne Bien d’accord, Cindy. La base des relations en et entre communauté est le dialogue, qui se fonde avant tout sur une écoute attentive et sensible, permettant d’offrir ou de recevoir une réponse tout aussi sensible, attentive et judicieuse. Toutefois, malgré l’authenticité manifestée, je crois que la relation est nécessairement plus franche et directe lorsqu’on » confronte » son interlocuteur en vrai… Non?12 juin, à 12:55
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Luc Gendron Ça me rappelle ce billet http://bit.ly/19roloM
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Sylvain Dionne Selon la signification que l’on donne au terme » communauté « , je pense que les médias sociaux facilitent l’ouverture et permettent de briser un certain isolement, en effet. Je prends pour exemple le statut des travailleurs autonomes qui, par définition, travaillent de manière généralement isolée dans leur univers. En ce qui me concerne, considérant qu’il n’existe pas de regroupement des professionnels en communication dans la région, cela a permis de créer et d’entretenir des contacts avec des professionnels de mon secteur, de recourir à ou d’offrir des avis, d’échanger des idées ou de partager des projets, de discuter de pratiques, bref de sortir d’un certain isolement professionnel même si je ne crois pas qu’on puisse vraiment parler d’une » communauté » de communicateurs… Du moins, pas encore…
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Micheline Bourque Finalement, l’isolement, ça ne serait pas un choix aujourd’hui. Il n’y a aucune raison d’être isolé avec tous les moyens qui existent d’entrer en relations avec des gens. La communauté, c’est l’exemple de gens qui disent non à l’isolement à quelque part et oui à l’ouverture, l’échange et le partage!
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